La Belgique au championnat du monde U17 en France - Toulouse - 16 au 25 juillet 2010

Présente au bord du parquet, l'ancienne arbitre internationale Chantal Julien supervise l'arbitrage durant ce Championnat du Monde des moins de 17 ans. Entre 2 rencontres, Basketfeminin.com l'a rencontrée pour retracer sa carrière (toujours en cours!) et son travail de superviseuse pour la FIBA.


Chantal Julien: "Plus il y a de monde, plus on est concentré sur son match!"
  • Comment a commencé votre carrière d'arbitre?
"J'ai commencé après ma carrière de joueuse de haut niveau qui a duré dix ans. A l'issue de cette carrière, j'ai décidé de continuer dans le basket et de me lancer dans l'arbitrage. Je suis vite devenue arbitre de haut niveau. Le fait d'avoir été joueuse de haut niveau m'a aidé."

  • Quel est votre plus grande force en tant qu'arbitre?
"Je connais bien le basket. Le fait d'avoir joué au haut niveau m'a beaucoup aidé pour diriger des matches de haut niveau."

  • Quel sont les types de matches que vous avez arbitrés?
"Trois Championnats du Monde, deux Jeux Olympiques et beaucoup de Jeux Asiatiques. J'ai fait 13 ans de carrière internationale au plus haut niveau."

  • Qu'est ce qui vous a le plus marqué?
"Dans ces événements-là, j'ai eu l'opportunité d'arbitrer des finales. C'est une chance et un plaisir énorme de pouvoir diriger les plus grand matches au niveau mondial."

  • Comment l'arbitre fait pour gérer la pression du public? Comment ça se passe la première fois que l'on arbitre devant un nombreux public?
"C'est impressionnant mais d'un autre coté dans une salle où il n'y a personne c'est très difficile: on entend les dribbles, les gens qui parlent. Quand il y a de la pression, que c'est un match important et que la salle est pleine, on est vraiment concentré dans notre match et le public, on ne l'entend plus. Plus il y a du monde, plus il y a du bruit et plus on est concentré sur le match."

  • Sur ce Championnat du Monde des moins de 17 ans. Est ce que l'on y arbitre différement par rapport à d'autres compétitions?
"Il n'y a pas vraiment de différences. C'est aux arbitres de s'adapter au niveau des joueuses. Je ne vois pas de différences à avoir entre filles et garçons. Par contre ce sont des jeunes: il y a une notion de contrôle et de prévention qui est présente. On doit dire aux joueurs ce qu'il peuvent faire ou pas."

  • Il y a donc davantage de communication avec les joueurs
? "Voilà! En plus nous avons de jeunes arbitres. Ce sont leur premiers Championnats du Monde. A eux de gèrer et contrôler un Championnat du Monde avec des jeunes."

  • Ils viennent du monde entier?
"Tous les continents sont représentés. Entre eux les arbitres doivent s'adapter parce que ce n'est pas toujours pareil au niveau des décisions et des règles. Par exemple les Américains doivent s'adapter aux règles FIBA. Tous les matins on travaille avec la vidéo et on repasse leur match pour voir ce qu'ils ont fait, les erreurs à corriger. On échange et on les aide à prendre les bonnes décisions dans les matches suivants."

  • De votre point de vue, ça se passe bien?
"Oui, très bien! Ils sont très attentifs, très à l'écoute de ce que je leur dit. L'arbitre africaine entre autres. Ce sont ses premiers Championnat du Monde et elle découvre tout: le pays, le basket à ce niveau là. Elle vient du Zimbabwe où il n'y pas de moyens, c'est un pays pauvre. Sur le plan humain et du basket, elle doit apprendre mais elle s'adapte très bien et applique les consignes."

  • Qu'est ce qui vous impressionne le plus au niveau du jeu dans ce tournoi?
"Pour des filles de cet âge, il y a une dimension physique énorme. Les Chinoises sont physiques, les Australiennes possède des gabarits que l'on retrouvera dans quatre, cinq ans sur les Jeux Olympiques et les Championnats du Monde. Les Chinoises ont un jeu très discipliné et impressionnant à voir. "

  • En en dehors du parquet, qu'est ce qui vous impressionne le plus?
"Au niveau de l'organisation les gens sont très gentils, attentifs. J'apprècie l'idée du développement durable, je trouve ça super. Ils s'améliorent de jour en jour, je les félicite là-dessus."

  • Y'a-t-il une limite d'âge dans l'arbitrage international ou français?
"Pour l'international c'est 50 ans et je n'ai pas attendu cette limite pour arrêter (rires). En France il n'y a plus de limite d'âge. J'ai choisi d'arrêter au niveau international quand j'étais au top pour devenir superviseur sur des tournois comme ici. A coté je continue en Ligue Française où je peux être à mon niveau pendant quelques années."


Rédigé par Christophe Crespin le Jeudi 22 Juillet 2010 à 09:45